Démarche scientifique, vulgarisation scientifique, STS, Sciences

La démarche scientifique doit-elle être accessible à tous ?

L’utilisation de la démarche scientifique : un premier pas vers l’apprentissage de l’esprit critique

 

Démarche scientifique, vulgarisation scientifique, STS, Sciences

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Je vais sûrement me répéter et enfoncer des portes ouvertes, mais on le voit actuellement, les sciences traversent une crise de confiance. Certes les sciences sont souvent bien appréciées et intéressent les publics. Pourtant, depuis peu, elles doivent faire face à la montée de fausses découvertes et de fausses informations, ce que l’on appelle les “fake news”, voire même la “fake science”. Elle est également accusée et menacée par les théories “complotistes” les plus farfelues, mais qui arrivent pourtant à être très persuasives…

Et au milieu de tout cela, il y a nous, les citoyen.ne.s. C’est parfois difficile d’arriver à faire la part des choses, de savoir ce qui est vrai ou non. Pour cette raison, je pense que l’apprentissage de la démarche scientifique dès le plus jeune âge me semble nécessaire. C’est en effet une bonne façon de se former un esprit critique et d’être ensuite capable de séparer le vrai du faux.

 

Démarche scientifique et démarche expérimentale

La démarche scientifique est mise en place par les scientifiques lorsqu’ils/elles s’interrogent sur le monde qui les entoure, lorsqu’ils/elles cherchent à comprendre comment il fonctionne, quelles lois le régissent… Elle fait donc appel à des raisonnements qui s’appuient sur des expériences, des lois, des propriétés…

La démarche scientifique fait-elle forcément appel à une démarche expérimentale ?

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Il est important de bien différencier la démarche scientifique et la démarche expérimentale. La démarche scientifique vise à étudier de potentielles hypothèses afin de répondre à une question posée. L’expérimentation est une des différentes façons possibles de tester les hypothèses. On parle alors de démarche expérimentale. Cette dernière regroupe plusieurs étapes que l’on peut résumer avec un acronyme, O.H.E.R.I.C :

  • Observation
  • Hypothèse
  • Expérience
  • Résultat
  • Interprétation
  • Conclusion

Cette démarche hypothético-déductive fut pour la première fois mise en place par Claude Bernard, considéré comme le fondateur de la médecine expérimentale. Il la présenta dans son ouvrage Introduction à l’étude de la médecine expérimentale en 1865. Bien sûr, ces sigles sont un peu réducteurs, ils ne doivent pas être suivis à la lettre, mais être vus comme des repères permettant à tous de se questionner sur notre monde.

Les étapes de la démarche expérimentale

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L’observation consiste à décrire l’élément qui nous intrigue en utilisant des mots simples, mais précis. Le plus important dans cette étape, c’est qu’il ne faut pas chercher à interpréter ou à conclure. L’observation est une action descriptive. Le mieux est de partir du plus gros pour aller vers le plus petit et d’organiser ses observations.

L’hypothèse déroule de l’observation et correspond à une potentielle réponse que l’on propose pour comprendre un phénomène. Par exemple, si la question à étudier est : “pourquoi le ciel est bleu ?”, une hypothèse pourrait être : “à cause de l’atmosphère”. Cependant, à ce moment-là, on n’en est pas encore sûr. C’est une première idée qu’il faudra ensuite tester grâce aux expériences.

Les résultats découlent des expériences. Encore une fois, il s’agit seulement de décrire ce que l’on voit, de réaliser des graphiques, des tableaux… mais l’interprétation n’arrive qu’ensuite. Et avec elle on pourra valider ou non notre hypothèse de départ.

La conclusion termine cette démarche expérimentale. Si votre hypothèse était bien validée, elle peut cependant amener à d’autres questionnements auxquels il s’agira de répondre. Si au contraire, l’hypothèse était infondée, on essaiera de comprendre pourquoi, l’expérience n’était peut-être pas adaptée, et on repart de zéro avec une nouvelle hypothèse…

 

Que peut apporter la démarche scientifique aux publics ?

De la curiosité à la recherche d’informations

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Se questionner pour comprendre son univers est bénéfique. Tout d’abord, cela développe de la curiosité (et je suis vraiment contre ce diction qui dit que la curiosité est un vilain défaut). La curiosité, c’est ce qui va amener à la volonté de se renseigner, de rechercher des informations, de les recouper… Bref, cela peut être le début d’un véritable travail de bibliographie et rappelons-nous que : “savoir, c’est pouvoir” ! Plus on s’intéresse à un sujet, plus on sera capable de le comprendre et surtout de savoir lire entre les lignes. On s’armera donc plus facilement contre les “infox”.

Cette recherche d’informations est également un moyen d’appréhender les différents outils à disposition : bibliothèque, internet, discussions auprès de personnes… Plus on fouille, plus on s’aperçoit que les sources d’informations sont nombreuses, mais que leur fiabilité n’est pas toujours vérifiée. Utiliser et recouper différentes sources d’informations permet donc de tester et de vérifier des faits. On ne doit pas les accepter pour acquis.

Cet apprentissage de la recherche d’informations doit s’apprendre dès le plus jeune âge. Il est intéressant d’expliquer aux enfants quels outils ils ont à disposition et comment faire une recherche sur internet. Il faut surtout leur apprendre à toujours confronter les différentes sources pour vérifier si l’information est fiable ou non.

Le travail d’équipe

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La démarche scientifique permet aussi de s’initier au travail d’équipe, d’apprendre à communiquer et à confronter ses idées. Cela commence dès la recherche d’informations. En effet, lorsque l’on se pose des questions, il est bien aussi de pouvoir les partager avec son entourage. C’est une première façon de pouvoir confronter ses idées, de tester ses hypothèses… et donc d’apprendre à mener une discussion.

Avec une classe, on peut également initier les enfants au travail collaboratif : la répartition des tâches, le travail en groupe, la réalisation d’expériences à plusieurs… Et on peut également leur apprendre à communiquer sur leurs travaux. Il est effectivement très important d’apprendre aux enfants que les recherches et les découvertes doivent être partagées au plus grand nombre afin que chacun puisse se les approprier et que les sciences soient démystifiées.

Le développement de l’esprit créatif et critique

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Mettre en place une démarche scientifique peut aussi demander une petite dose de créativité, surtout s’il s’agit de créer des expériences pour tester des hypothèses. Après tout, les “grands” scientifiques aussi ont beaucoup fait appel à leur imagination. Prenons Galilée par exemple. Grâce à une expérience de pensée, il a démontré que tous les corps chutent rigoureusement à la même vitesse, quelle que soit leur masse, alors même que ce n’est pas du tout ce que nous observons.

Expériences de pensée : elles consistent à se demander ce qu’il se passerait dans une certaine situation si une théorie physique prise comme référence était vraiment exacte. Il s’agit en somme d’imaginer des situations inaccessibles en pratique mais capables de révéler ce qu’une théorie a vraiment dans le ventre, d’expliciter ses implications les plus radicales, voire de faire remonter à la surface ses contradictions internes (d’après France Culture).

On ne peut pas forcément demander de tels exercices aux enfants. Pourtant leur demander d’imaginer des expériences pour tester telle ou telle hypothèse est une très bonne façon de stimuler leur imagination. C’est aussi une bonne manière de leur apprendre ce qui est faisable ou pas. Ils peuvent encore une fois travailler en équipe et pourquoi pas essayer d’utiliser des produits de tous les jours pour réaliser ces expériences, une méthodologie encouragée notamment pas Les Petits Débrouillards.

Demander aux enfants de créer leurs propres expériences les oblige également à ne pas suivre “bêtement” les instructions des expériences existantes à la manière d’une recette de cuisine. Et je pense (cet avis n’engage que moi) que développer son imagination, chercher des solutions à un problème, est encore une bonne façon pour façonner son esprit critique. En essayant, en testant et en se confrontant à l’échec, chacun peut se forger un avis éclairé et être plus à même de prendre du recul.

 

Conclusion (Ce qu’il faut retenir)

Je ne sais pas si je vous ai convaincu, mais pour moi la démarche scientifique est vraiment essentielle ! Elle devrait être accessible à tous. C’est une très bonne manière de comprendre notre monde et d’éviter d’être la proie des “infox” et des “complotistes”.

Pour cela, il faut qu’elle soit enseignée à tous dès le plus jeune âge. En plus de développer l’esprit critique et la création, la démarche scientifique permet également d’apprendre à travailler en équipe, à communiquer et à confronter ses idées. C’est le meilleur moyen pour se forger une opinion scientifiquement éclairée. Rassurez-vous ! Ce n’est pas parce que vous ne l’avez pas apprise à la maternelle que vous ne pouvez plus vous y confronter ! Au contraire, je vous y encourage très fortement ! Questionnez-vous, demandez-vous comment fonctionne le monde et surtout n’attendez pas que quelqu’un le fasse à votre place ! Rappelez-vous de toujours lire entre les lignes et j’ai presque envie de vous dire : “doutez de tout” !

Pour conclure cet article, je laisserai la parole à Claude Bernard :

« L’esprit vraiment scientifique : le doute, la liberté d’esprit et d’initiative, la non-soumission à l’autorité des croyances. »

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Que pensez-vous de la démarche scientifique ? Est-ce une bonne façon de lutter contre les “infox” et la “fake science” ?

 

Sources :

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1 Comment

  1. […] Bref, on pourrait presque dire que le jeu est parfait pour préparer à un bon esprit critique et à l’apprentissage de la démarche scientifique (dont je vous ai parlé dans cet article). […]

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