Pint of science, vulgarisation scientifique, communication scientifique

Une rencontre avec Élodie Chabrol

Quand discuter avec “Maman Pint of Science” égaie votre journée

 

Pint of science, vulgarisation scientifique, communication scientifique

Avez-vous déjà entendu parler d’Élodie Chabrol ? Une fille extrêmement sympathique, pleine d’entrain et d’enthousiasme, avec des cheveux à pointe rose et des jupes “science”.

Elle n’est pas seulement très sympathique, elle est aussi très talentueuse ! La preuve, elle est aussi la directrice internationale de Pint of Science ! Je vous ai déjà parlé de ce festival de vulgarisation scientifique permettant aux chercheurs de rencontrer et d’échanger avec les publics. S’il faut un petit rappel, retrouvez mon article ici !

Je vous ai déjà dit que j’adorais Élodie ? Parce qu’en plus, elle est très accessible et c’est un plaisir de discuter avec elle ! La preuve…

 

Qui est Élodie ? Pourquoi et comment est-elle arrivée en communication scientifique ?

Après une thèse sur l’épilepsie, puis un premier post-doc à Londres et un deuxième sur la thérapie génétique, elle a eu envie de se tourner vers l’événementiel scientifique. En effet, Élodie adorait donner des cours et transmettre des connaissances aux autres.

Début 2013, après seulement 3 semaine dans son deuxième post-doc, elle a reçu un e-mail des deux fondateurs, anglais, de ce qui allait devenir Pint of Science (PoS pour les intimes). Le festival était en train de se monter et les deux chercheurs cherchaient quelqu’un pour le coordonner.

Après cette première édition, Élodie a proposé d’ouvrir le festival à l’international et il est notamment arrivé en France en 2014. Elle a malgré tout poursuivi vaillamment son post-doc jusqu’en 2017, où, cette-fois, les fondateurs lui ont proposé de prendre la direction internationale du festival.

Au final, elle explique qu’elle a pris le chemin de la communication scientifique “à l’envers”. Au lieu de faire d’abord de la vulgarisation scientifique puis de rejoindre PoS, elle a d’abord rejoint PoS et s’est mise à la vulgarisation scientifique. Il lui tenait à cœur d’aider les chercheurs à vulgariser efficacement et à transmettre leurs recherches.

 

Combien d’événements PoS a-t-elle organisé à ce jour ? Fait-elle partie de l’association depuis le début ?

Élodie a organisé tous les événements qui ont eu lieu en France et en Angleterre. Elle guide chacun des coordinateurs dans les différents pays qui accueillent PoS. Ceci inclut donc l’organisation humaine, la gestion des réseaux sociaux, mais aussi la billetterie et la préparation de “templates” pour les différents sites web. Lors de la première année, elle était aussi la community manageuse.

En France, plus particulièrement, ses missions sont très larges. Elle gère le site web, la page Facebook (et je suis ravie de l’aider aujourd’hui !), les visuels, la recherche de sponsorings, l’organisation et la discussion avec les coordinateurs de chaque région. Cette dernière tâche peut parfois se répéter chaque jour. Elle est également en charge de la recherche de partenariats, tels que le CNRS ou le Ministère de la Recherche.

 

Que dire des premières éditions ? Sont-elles un succès ?

Les années s’enchainent et les succès aussi… Au fur et à mesure des éditions le nombre de participant a doublé à chaque fois. PoS devient donc un véritable outil de la communication scientifique en France. Certes les premières années ont été un peu difficiles avec les institutions académiques, comme le CNRS ou les universités, mais aujourd’hui c’est une véritable valorisation pour tous les participants. La preuve d’ailleurs avec l’édition de septembre 2018 qui a vu la mise en place d’un partenariat entre PoS et la Fête de la Science. Aujourd’hui, Pint of Science est une institution qui permet de toucher des cibles que les académies ne toucheraient pas forcément !

 

Comment considère-t-elle qu’un événement de communication scientifique est un succès ?

Pour l’édition de 2017, 3 000 tickets ont été vendus en 9 jours. En 2018, les 3 000 tickets ont été vendus en seulement 36h. Pourtant, il n’y a pas eu de forte augmentation de nombre de places (10 000 à 13 000). La rapidité des ventes a surtout été possible grâce à la communication digitale (notamment Twitter) et le relai de nombreux alliés, tels que le CNRS, Polytechnique ou Florence Porcel.

Le succès peut aussi se mesurer en fonction de si les gens ont passé un bon moment ou non. Si les chercheurs ont réussi à dédramatiser les sciences, s’ils ont réussi à montrer qu’ils n’étaient en réalité pas difficile d’accès et pas difficile à comprendre. Le festival a été un succès si les publics sont partis avec une impression positive de leur soirée. S’ils ont compris qu’il n’était pas forcément nécessaire d’avoir des connaissances poussées pour parler sciences.

Pint of Science est aussi un succès si les intervenants (et les organisateurs) réussissent à “ouvrir un appétit sur les sciences” chez les publics et à faire changer leur regard sur les disciplines scientifiques et les chercheurs. Qui sait ? Cela pourrait peut-être permettre l’élection d’un.e futur.e président.e intéressé.e par les sciences et leur développement. De plus, des publics intéressés par les sciences, cela pourrait se traduire par une augmentation des subventions pour la recherche.

Enfin, pour savoir, concrètement, si les publics ont passé un bon moment, un questionnaire est envoyé à chaque participant à la fin du festival. Il est également intéressant d’observer les médias et les réseaux sociaux (notamment les tweets). De plus, il y a des chercheurs qui demandent à revenir à chaque nouvelle édition. Cela montre également le succès de PoS. Par exemple, Roland Lehoucq participe depuis déjà 3 ans. Il n’y a quasiment pas de problème pour trouver des chercheurs.

 

Au cours de sa vie de « communicante scientifique »,a-t-elle connu des évènements PoS qui ont tourné à l’échec ?

Lors de l’organisation d’un événement PoS “spécial épilepsie” qui a eu lieu à Londres, un grand ponte du domaine a fait une présentation devant un public d’environ 30 ans. Le chercheur a voulu faire une blague avec une publicité du début des années ’80. Malheureusement, il avait mal étudié son public et sa blague a donc totalement échoué. Cela l’a complètement déstabilisé et il n’a pas arrêté de de parler de cet échec  qui a eu un énorme impact sur lui et sa présentation.

Élodie a proposé un deuxième exemple. Lors d’une présentation, un scientifique a présenté d’énormes graphiques franchement incompréhensibles. Elle lui a demandé de les enlever, mais il a refusé en répondant : “si ma mère comprend, tout le monde peut comprendre”. Bien sûr, le public était totalement perdu et même les organisateurs ont déclaré que la présentation avait était compliquée.

 Si on en fait l’analyse rapide aujourd’hui, quelles pistes proposerait-elle pour que ce soit finalement une réussite ?

Il est important de bien faire la différence entre la vulgarisation et la simplification. Il faut vraiment éviter d’employer cette dernière au risque de prendre les publics de haut et pour des non connaisseurs de sciences.

Au contraire, il faut donner les clés aux gens afin de rendre la science accessible. Cela passe notamment par une adaptation aux publics, à leur vécu et à leurs connaissances. Cela demande donc d’être capable de se remettre en question, de s’adapter et de rester très ouvert. De plus, il faut essayer d’ajouter une dimension humaine aux connaissances transmises par les chercheurs. Il faut chercher à raconter une histoire et à faire appel aux émotions. Bref, il faut partager sa passion et montrer la science en train de se faire, donc ses côtés positifs et négatifs !

Pint of science, vulgarisation scientifique, communication scientifique

 

Vous avez déjà assisté à un événement Pint of Science ? Qu’en pensez-vous ? Connaissez-vous Élodie Chabrol ?

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1 Comment

  1. […] à retrouver ici). Puis, je vous en ai reparlé dans l’interview d’Élodie Chabrol, là […]

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