Nix Olympica, Vendredi Lecture, Livre, Vulgarisation Scientifique, Lucca Éditions, Mars

[Vendredi Lecture] : Nix Olympica, à la conquête de Mars

Nix Olympica, la vulgarisation dans les étoiles

 

Nix Olympica, Vendredi Lecture, Livre, Vulgarisation Scientifique, Lucca Éditions, Mars

Pour cet article de rentrée, je vous emmène sur Mars. Ou plutôt, je vous invite à découvrir Nix Olympica, un livre de vulgarisation scientifique aérospatiale ! Son auteur, Nicolas Beck, s’implique depuis longtemps dans la communication scientifique. Actuellement directeur de la vie universitaire et de la culture de l’université de Lorraine, il a inauguré la première édition de Ma Thèse en 180 Secondes. Il est également l’auteur du guide En finir avec les idées reçues sur la vulgarisation scientifique. Bref, la communication scientifique, il l’a dans la peau !

Nix Olympica, édité par Lucca Éditions, est son premier roman. Et, comme tous les romans de cette fameuse maison d’édition, il a une vocation de transmission de connaissances. Ici, vous en apprendrez donc beaucoup sur l’univers et le quotidien des astronautes… partis pour un long voyage vers Mars ! Nous sommes en 2038, bienvenue à bord ! Petite anecdote qui me fait plaisir : les héros devraient mettre le pied sur Mars le jour de mon anniversaire. J’aurai alors… 47 ans ! Avez-vous accroché vos ceintures ? Le décollage est imminent… Partons découvrir ce roman et voyons pourquoi c’est (encore) une réussite en terme de vulgarisation scientifique !

 

Nix Olympica, un roman d’anticipation original

L’ouvrage est très original, tout d’abord dans la façon dont il est construit. Nous lisons en réalité un journal de bord, donc écrit à la première personne. Nous sommes réellement dans la peau de l’héroïne, dont d’ailleurs nous ne connaissons pas le nom. Une astuce très maline, puisque nous nous identifions d’autant mieux à elle. L’ouvrage ne comporte pas de vrais chapitres, ce sont en fait les jours d’écriture (puisque c’est un journal intime) qui rythment la lecture. Vous le savez, je vous l’ai dit plusieurs fois, j’adore les histoires écrites à la première personne et j’ai l’impression que cela fait un peu parti de la marque de fabrique de Lucca Éditions (ou alors c’est une coïncidence ?)…

La notion de journal de bord a vraiment été poussée à fond avec cet ouvrage. Cela rend la lecture vraiment vivante, mouvante et humaine. En effet, le fait que l’héroïne tienne un journal où elle y rapporte ses émotions, son vécu, ses aventures et autres expériences, rappelle également que les scientifiques sont avant tout des êtres humains.

J’ai aussi beaucoup aimé la volonté d’inscrire l’histoire dans un contexte socio-historique où le futur (donc l’imaginaire) se mêle au présent (notre actualité). Nicolas Beck semble avoir véritablement cherché à faire un pont entre les deux et ça fonctionne ! L’ajout d’archives, de coupures de journaux, de documents scientifiques (réels ou imaginaires) font que nous ne savons plus ce qui est vrai ou pas… Nous sommes finalement véritablement embarqués dans ce voyage pour Mars. Ce lien entre passé réel et futur inventé ne serait-il finalement pas l’un des objectifs de la Science-Fiction ? La Science-Fiction au service de la vulgarisation scientifique ? Ce genre est effectivement très intéressant pour transmettre des connaissances et parler de sciences car il s’appuie souvent sur les dernières technologies. Il va (normalement) bien les décrire et les expliquer pour ensuite les extrapoler et imaginer le futur.

Non content de nous immerger totalement dans l’aventure, l’ajout de ces documents et illustrations (très belles et claires d’ailleurs) égaie la lecture. Il donne à l’ouvrage un véritable aspect de documentaire. La notion de roman de vulgarisation scientifique semble donc prendre tout son sens…

 

Nix Olympica, un roman de vulgarisation scientifique

Des connaissances pour se mettre dans la peau d’un astronaute

L’un des premiers points positifs de ce roman, c’est que l’héroïne est une femme astronaute ! J’apprécie beaucoup ce choix qui s’inscrit dans la volonté actuelle de rendre hommage et de mettre en avant les femmes de science. C’est parfait pour les jeunes filles qui liront Nix Olympica et qui se découvriront donc peut-être une vocation future ?

La vulgarisation scientifique est bien menée. Les connaissances sont bien expliquées et détaillées. On y trouve notamment beaucoup d’informations sur l’aérospatial et le quotidien des astronautes, sur leurs missions, leurs activités, leurs qualités et compétences… Nous entrons véritablement dans leur quotidien et leur intimité. Nix Olympica est un bon complément de la BD de vulgarisation scientifique, Dans La Combi de Thomas Pesquet. J’ai aussi beaucoup souri avec le clin d’œil (volontaire ou pas) à l’importance des mathématiques. Oui, elles servent !

Néanmoins, pour être parfaitement assimilées et ne pas rendre la lecture trop hasardeuse, ces connaissances nécessitent quand même des pré-requis. Certaines notions me semblent en effet être un peu trop survolées, notamment les fameux “g” (force liée à la pesanteur terrestre et qui s’accentue avec l’accélération). La lecture me semble donc surtout adaptée pour des adolescents de fin collège, voire de lycée (et bien sûr, aussi pour les grands enfants que sont les adultes !). En revanche, l’auteur a bien fait attention d’utiliser des comparaisons pertinentes en s’appuyant sur des exemples connus et mesurables par le plus grand nombre. Une très bonne manière de mieux appréhender certains sujets complexes.

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans cette lecture, ce sont les réflexions très intéressantes sur les dispositifs de médiation scientifique. Nicolas Beck en a effectivement imaginé plusieurs dans son récit et les a mis en scène auprès d’un public scolaire imaginaire. Ainsi, il serait notamment prévu de créer un parc d’attraction où serait recréé, grandeur nature, le vaisseau dans lequel nos astronautes sont partis pour Mars. Comme le dit notre héroïne, “si ça peut intéresser les jeunes à la science, pourquoi pas ?”. Il s’agit typiquement d’un exemple de dispositif de médiation scientifique informelle (tout comme Nix Olympica ?) où les publics apprennent quelque chose sans vraiment s’en rendre compte.

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Un roman pour aiguiser son esprit critique

J’ai senti que Nicolas Beck était très sensible à l’un des principaux objectifs de la communication scientifique : faire preuve d’esprit critique. Je suis tout à fait d’accord avec lui et j‘apprécie donc cet effort. Nix Olympica regorge ainsi d’injonctions à toujours rester critique face à ce que nous entendons ou lisons (c’est d’ailleurs dans les toutes premières pages du roman). Mais aussi, des injonctions à chercher des sources fiables afin de pouvoir se forger sa propre opinion. Il y a également de nombreux clins d’œil à des préjugés qui ont la vie dure et qu’il faut apprendre à reconnaitre et débugger. J’ai notamment beaucoup apprécié la référence à l’un de mes films préférés, Jurassic Park, et son petit rappel bien senti. Non, humains et dinosaures n’ont pas cohabité ! L’héroïne se fait réellement la défenseuse de la démarche scientifique, essentielle aujourd’hui !

Ces anecdotes et rappels de vigilance sont très pertinents, en particulier par les temps qui courent, par contre, il ne faut pas en faire trop. Une trop grande insistance pourrait finir par irriter le lecteur qui risquerait de se sentir pris pour un “idiot” ou qui aurait l’impression qu’on lui “fait la morale”.

De même, il faut choisir le vocabulaire employé, précautionneusement. Par exemple, dans la phrase “Et c’est évidemment l’une des quatre planètes telluriques du Système solaire”, le mot “évidemment” est à éviter. D’une part, parce que tout le monde ne sait pas forcément ce qu’est une planète tellurique (et ce n’est pas expliqué) et d’autre part parce que l’on ne sait pas forcément que Mars est une planète tellurique. Employer le terme “évidemment” risque donc de vexer le lecteur qui n’aurait pas cette connaissance et cela ne le mettrait pas dans de bonnes conditions pour apprendre en suivant.

 

Un roman idéal pour s’interroger

L’importance de réfléchir par soi-même est d’autant plus accentué que l’ouvrage fait beaucoup de références à 1984 de George Orwell. C’est un choix assez pertinent (mais, encore une fois, cela demande donc de connaître l’histoire et d’avoir des pré-requis) lorsque l’on voit l’importance de la question de l’hyper-connexion dans Nyx Olympica. Rien que le nom de l’Intelligence Artificielle du vaisseau, Harmony, interroge. Tout au long de la lecture, nous nous apercevons qu’il y a un contrôle total des données personnelles. Cela peut amener à se questionner sur les libertés, le libre-arbitre… Même les rêves des astronautes sont connus et analysés ! Plus rien ne semble leur appartenir, pas même leurs pensées. Cela peut aussi amener à s’interroger sur le rôle de l’astronaute ; est-il un cobaye ?

Pour être astronaute, faut-il finalement abandonner toute forme d’égocentrisme ? De personnalité ? Ne plus être un humain, mais un concentré d’informations physiologiques, psychologiques… capable d’obéissance ? L’ouvrage interroge également sur le poids politique qui repose sur ce genre de mission…

Enfin, le lecteur fera aussi face à des questions d’ordre écologique. Les astronautes découvrent en effet “l’Overview Effect”. Une sorte de prise de conscience lorsqu’ils voient la Terre si petite, et donc, si fragile.

 

Conclusion (Ce qu’il faut retenir)

Nix Olympica est un livre idéal pour les scolaires. Il y a une réelle possibilité de réaliser un projet pédagogique transversale et pluridisciplinaire en associant la physique, les maths, l’histoire, la géopolitique…

Son rôle de dispositif de médiation scientifique est donc parfaitement rempli. Cependant, il n’est pas tout à fait accessible à tous et reste encore perfectible, notamment en réduisant ses travers parfois trop “sentencieux”.

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, elle tient bien en haleine ! L’intrigue est passionnante, pleine de suspens et de rebondissements. Elle nous happent et nous transportent et, très clairement, je vous l’assure, la fin est inattendue !

Bref, je recommande vivement Nix Olympica, en particulier pour des projets scolaires et des adultes qui aiment l’aventure et le suspens !

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