Dessin, Vulgarisation scientifique, illustration, sciences

Le dessin comme support de la communication scientifique

Transmettre des connaissances par le dessin

 

Le dessin est-il pertinent pour diffuser des savoirs ?

Dessin, Vulgarisation scientifique, illustration, sciences

© Pxhere.

Le dessin semble un support de communication scientifique de plus en plus apprécié. Pour preuve, le nombre de BDs de vulgarisation scientifique qui se multiplie, mais également la place importante qu’occupe l’illustration scientifique, tant dans les documentaires, que dans les manuels scolaires.

L’illustration semble donc être un choix judicieux lorsque l’on veut transmettre et partager des savoirs. Cependant, il serait bon de comprendre pourquoi. En quoi le dessin est-il pertinent comme dispositif de communication scientifique ? Est-ce grâce à sa liberté d’expression ? Grâce à sa possibilité d’utiliser l’humour ? À ses différents niveaux de lecture qui peuvent être multiples ?

Plongeons dans l’univers du dessin en communication scientifique et essayons d’analyser l’intérêt de ce dispositif !

Le dessin est-il un bon dispositif de communication scientifique ?

 

Le dessin un dispositif de communication scientifique informelle ?

Une boîte à outils pour transmettre des connaissances

L’illustration, le dessin, est un dispositif très répandu, notamment dans la culture populaire. Il est donc de plus en plus utilisé comme moyen de diffuser les science de manière informelle. En effet, transmettre les sciences par le dessin permet, notamment, d’améliorer la mémorisation de l’information. Il a été démontré que nous mémorisions 10 % de ce que nous lisons contre 50 % de ce que nous voyons et entendons. Il devient plus facile de se représenter une image mentale avec une illustration, plutôt qu’à travers de simples mots. Le message sollicite une envie de découverte et une envie d’apprendre. L’image marque profondément l’imaginaire et l’inconscient des publics. Son utilisation est donc très intéressante, en particulier chez les plus jeunes.

L’image permet parfois de véhiculer d’autres messages, d’autres sensations et émotions que les mots. Elle est donc idéale si l’on souhaite apporter un autre niveau de “lecture” (alors que, oui, nous parlons bien d’images). L’illustration sera donc accessible à tou.te.s et pourra permettre de transmettre différents types de connaissances, adaptés à chaque âge, chacun y trouvera son compte. C’est bien pour cela que nous ne sommes pas touchés par les mêmes messages lorsque nous les observons à des âges différents. Par exemple, lire les BDs Tintin ou Astérix lorsque nous sommes enfants ou adultes n’aura pas la même portée et le message retenu ne sera pas forcément le même.

L’illustration permet également d’amener de l’humour et de la caricature. Le premier est un outil très souvent utilisé en communication scientifique puisqu’il aide à ancrer le savoir transmis chez les publics. Ainsi, d’après Pascal Robert (membre de l’équipe de recherche de Lyon en sciences de l’information et de la communication), “sur le plan sémiotique, la mécanique du rire épouse les grandes lignes/articulations de la logique de la démonstration scientifique”. Pour ce qui est de la caricature, c’est une bonne manière pour déconstruire certains mythes et idées reçues, tels que le chercheur masculin avec une barbe, des cheveux en bataille et des lunettes.

Dessin, Vulgarisation scientifique, illustration, sciences

© Pixabay.

 

Transmettre des connaissances librement

Le dessin est une manière libre et créative de transmettre des connaissances. Il propose différents outils : des dessins réalistes, avec tant de détails et de précisions que l’on croirait observer des photographies, mais aussi de simples traits pour accentuer le côté caricatural et humoristique. Est-ce une manière de montrer que les sciences sont accessibles à tout.e.s et finalement pas plus compliquées à appréhender que de dessiner des “hommes-bâtons” ? Est-ce une façon de les “dévoiler” dans leur plus simple appareil, de les désacraliser ?

Grâce à ces dessins “simplistes”, il est possible de lever le voile sur les mystères des sciences et sur les préjugés qu’elles véhiculent. Dans tous les cas, le but est de rendre les sciences plus attrayantes. Le but est d’éveiller la curiosité des publics, et pourquoi pas, les vocations ?

Le dessin est presque indissociable des livres de sciences et des manuels scolaires aujourd’hui. Il appuie le texte en donnant immédiatement une illustration du phénomène ou du savoir présenté. Que serait un livre de chimie sans les illustrations pour accompagner les expériences ? Que serait un livre de biologie sans les schémas illustrant tel organe ou telle plante herbacée ? L’illustration ancre de manière concrète et immédiate la connaissance transmise. C’est une véritable aide pour la communication scientifique.

Le dessin est aussi l’une des bases (avec les textes, bien sûr) de la BD. Ce dispositif, nous l’avons déjà constaté, est de plus en plus plébiscité pour transmettre des connaissances. C’est un outil de la culture populaire qui se retrouve dans quasiment tous les foyers. Il est apprécié par des publics très variés, touchant les jeunes tout autant que les adultes. L’association des images et des textes (parfois) permettent de transmettre différents messages et de les ancrer assez facilement. La vulgarisation scientifique s’est largement appropriée ce dispositif ces derniers temps et nous avons déjà présenté plusieurs exemples. Marion Montaigne et sa collection Tu Mourras Moins Bête ou Dans La Combi de Thomas Pesquet ou encore Quantix qui lève le mystère sur la physique quantique.

Vulgarisation scientifique, illustration, sciences

© Tu Mourras Moins Bête.

 

Le dessin pour appréhender les sciences autrement

Prendre du recul et apporter un nouveau regard

Le dessin est un support intéressant pour permettre au grand public de se familiariser avec les sciences et les contenus scientifiques. Mais pas seulement ! Il est très intéressant également pour les scientifiques ! Eh oui, il permet de prendre du recul sur son travail. Les scientifiques peuvent l’appréhender sous un angle différent et de trouver de nouvelles manières de collaborer avec ses collègues, ou même, avec d’autres disciplines scientifiques. Un outil particulièrement adapté pour reformuler, résumer et prendre du recul sur son travail est la facilitation graphique.

Par définition, il s’agit de “faciliter l’appréhension de sujets complexes par leur nature ou par la forme qu’ils prennent habituellement en proposant une visualisation adaptée”. C’est réellement une technique de “compte-rendu visuel”. Il est possible de la créer de façon collective (notamment pendant des débats ou des séminaires), ce qui encourage l’intelligence collective. La facilitation graphique encourage, fluidifie les discussions et les rend plus constructives. Là encore, le message principal ressortira mieux et s’ancrera plus facilement grâce à l’image.

Pour les doctorant.e.s aussi le dessin est un (nouvel) outil puissant. Il.Elle.s sont de plus en plus amené.é.s à traduire leurs travaux de thèse à travers des illustrations. Des BDs ont ainsi vues le jour : Sciences en Bulles pour la Fête de la Science, Ma Thèse en Deux Planches, issue des travaux de Ma Thèse en 180 secondes.

 

Dessiner pour transmettre des sciences : utiliser la démarche scientifique

La création de “bons” dessins de vulgarisation scientifique (que ce soit pour la BD, le dessin animé ou les illustrations) nécessite, avant tout, de connaître son sujet ! Les créateur.trice.s se doivent donc d’enquêter, étudier, comprendre, approfondir les thèmes qu’il.elle.s veulent aborder.

Il devrait donc y avoir tout un travail de recherche en amont (bibliographie), de rencontres avec les spécialistes dans les laboratoires, les écoles ou sur le terrain… Il faut être capable de mettre à l’œuvre son esprit critique pour prendre du recul et dessiner ce que l’on a compris et, surtout, le message que l’on souhaite transmettre.

Son public doit donc aussi être bien connu. Là-encore, cela nécessite d’avoir mis en place une problématique (“qui est mon public ?”, “qu’ais-je envie de transmettre à mon public ?”), avoir proposé des hypothèses (“mon public concerne les jeunes entre 10 et 15 ans”, “je veux expliquer simplement le boson de Higgs”)… La démarche scientifique s’applique donc parfaitement à la création de dessin de vulgarisation scientifique. (Et cela reste vrai pour la majorité des supports visant à transmettre des connaissances).

Vulgarisation scientifique, illustration, sciences

© Wikipédia.

 

Pour vous, le dessin est-il intéressant pour transmettre des connaissances ?

Sources :

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