clément dufrenne, science & vie, communication scientifique

Avec Clément Dufrenne dans les coulisses de Science & Vie

Clément Dufrenne, ou la communication scientifique à l’ère du digital

 

 

 

 

 

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© Marine Tumelaire.

Comme je vous l’avais annoncé il y a quelques temps, le blog donnera de plus en plus la parole à des acteurs et actrices de la communication scientifique. Des acteurs et actrices de tous horizons, afin que vous puissiez appréhender la grande diversité des métiers et missions qui la composent.

Aujourd’hui, je suis donc très heureuse de vous présenter Clément Dufrenne, responsable de contenus pour les sites internet de Science & Vie. Cependant, vous vous rendrez vite compte que c’est très réducteur de ne lui donner qu’un seul titre et une seule mission. En réalité, Clément a un parcours de communicant scientifique très riche et varié. Il vous dévoilera également quelques coulisses de l’organisation et du fonctionnement d’un magazine scientifique…

Bref, un échange absolument passionnant avec un acteur au parcours très riche et passionné par le partage de connaissances !

En quoi un magazine scientifique peut-il satisfaire la passion pour la communication scientifique ?

 

Clément Dufrenne ou le portrait d’un passionné

De la science à la découverte de la communication scientifique

Avant de devenir un acteur très impliqué de la communication scientifique en France, Clément est d’abord un scientifique. Chimiste de formation, les sciences ne sont cependant pas sa seule passion.

En effet, à côté d’un parcours scolaire et scientifique assez classique (bac scientifique avec l’option Sciences de l’Ingénieur), Clément Dufrenne s’est aussi intéressé au badminton et, surtout, au cinéma ! Il aimait (aime) beaucoup le monde de l’audiovisuel. Cet intérêt s’est particulièrement développé en seconde. Il participait alors à la réalisation d’un documentaire sur les migrants à Calais, accompagné de professionnels du domaine. Cette première expérience, qui en plus a remporté plusieurs prix, lui a permis de s’ouvrir, d’avoir un autre regard sur le monde qui l’entoure.

Malgré tout, ce sera quand même un parcours scientifique qu’il suivra, avec un Master en Chimie. Jusqu’au jour où il se dira que, vraiment, ce qui l’intéresse c’est le journalisme scientifique. D’autant plus que ses proches lui disaient très souvent qu’il « devrait faire de la comm' ». Clément ne se sentait cependant pas de repartir dans des études longues… Dans un premier temps, il a donc laissé cette idée de côté et est parti 1 an à Londres, toujours pour ouvrir ses horizons. Premier petit boulot : serveur dans un bar… Mais pas n’importe lequel ! Clin d’œil du destin, ses premiers clients étaient présents pour une soirée Pint of Science !

 

Le début de la communication scientifique pendant les études…

Londres fut donc la révélation (le fait que Clément apprenne qu’il pouvait faire « seulement » un master pour devenir journaliste scientifique a un peu aidé). Prochaine étape : la communication scientifique ! Clément postule à deux masters, l’un à Grenoble (où il aura un entretien avec Marion Sabourdy) et l’autre à Strasbourg, qu’il choisira finalement. Il s’est décidé à suivre les deux années de Master. Cela lui a permis d’avoir une vraie formation solide et prendre le temps de s’engager dans des événements et des associations de communication scientifique. Il a notamment participé à Pint of Science Strasbourg et une simulation de parlement des sciences avec des adolescents, ce qui lui a permis de faire la « une » de la revue La lettre de l’Ocim. À côté, il écrivait également des articles pour le blog scientifique IndéSciences.

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© Clément Dufrenne.

 

Un parcours très varié ensuite !

Après des stages dans des magazines écrits (Science & Vie Junior et Pour la Science) et radiophonique (« Autour de la question » sur RFI), Clément aura la très belle opportunité de travailler pour le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Pendant 3 ans, il aura la chance de travailler sur des projets très variés : le développement des réseaux sociaux du Ministère, et la création d’un pôle audiovisuel avec l’objectif de valoriser les projets portés par le ministère comme « Horizon 2020 » (devenu Horizon Europe), le concours d’innovation « i-Lab »… Mais aussi des projets de vulgarisation scientifique comme le prix du livre scientifique « Le Goût des sciences » ou encore la Fête de la Science. Avec Élodie Cheyrou (qui nous avait déjà parlé de ses missions), Clément a travaillé sur la valorisation de ce festival. Il était notamment responsable de la communication nationale, avec avec la mise en place de dispositifs, la réalisation de reportages et de micro-trottoir lors de déplacements dans les différents événements, ainsi que des interviews des parrains et marraines, toujours dans le but de donner la parole aux différents acteurs. Un très beau point final est apporté avec la saga des vidéos Science and Go pour donner envie d’aller voir différents événements qui, en 2020, avaient lieu à distance.

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Conférence de presse, lancement de la Fête de la Science 2020, © Clément Dufrenne.

Et maintenant, depuis juillet 2021, Clément est arrivé à Science & Vie avec l’idée de créer une nouvelle dynamique sur les sites grâce à de nouveaux formats originaux.

 

Pour Clément Dufrenne, la communication scientifique est essentielle

Éveiller la curiosité et informer : deux objectifs importants

La communication scientifique a plusieurs missions et rôles essentiels. Nous en avons déjà parlé de nombreuses fois sur ce blog.

Pour Clément Dufrenne, l’un de ses rôles les plus importants est d’arriver à faire le lien entre le monde de la Recherche et le grand public. Nous l’avons vu, pendant la COVID, il n’y avait pas assez de communicant.e.s scientifiques (médiateurs et vulgarisateurs) sur les plateaux. Il n’y avait pas assez de tri dans les informations scientifiques. La place n’avait pas été vraiment faite aux passeuses et passeurs de science. Clément, comme moi, avons vraiment manqué de cette passerelle, très importante pour s’assurer que les publics ont accès à une information fiable et compréhensible.

Certes, certain.e.s scientifiques sont de très bon communicant.e.s. Pour autant, communiquer n’est pas inné. Les passeur.seuse.s de science ont donc aussi ce rôle d’accompagner les scientifiques dans leur communication.

La communication scientifique, ce n’est pas seulement informer, c’est aussi transmettre une passion. L’un de ses buts est bien de susciter l’intérêt du public. La Fête de la Science, par exemple, n’est pas (encore) assez connue du grand public. Il est donc important de mettre en place des actions pour aller chercher les publics qui ont peur des sciences, qui n’osent pas… La communication scientifique doit faire comprendre que ce n’est pas la peine d’être bon à l’école pour s’intéresser au sciences. Elle doit proposer différents formats pour éveiller la curiosité aux sciences et à la culture scientifique.

 

Un bel avenir pour la communication scientifique

D’après Clément Dufrenne, la communication scientifique a un bel avenir devant elle. Elle va prendre de plus en plus de place (en tout cas, je l’espère…). La crise sanitaire a en effet révélé son importance et  il y a eu une véritable prise de conscience. Les différents confinements ont été une période intéressante car ils ont permis la mise en place de nouveaux formats digitaux. Ce qui a permis de toucher un public plus large. En continuant sur cette dynamique, nous aurons besoin de bon.ne.s journalistes scientifiques et de communicant.e.s scientifiques en général.

Ces derniers auront notamment un rôle important à jouer dans la lutte contre les « fake news » (infox). Elles arrivent vite et il faut donc apprendre aux publics à ne pas aller voir n’importe quoi, n’importe où (surtout avec les réseaux sociaux). Pour autant, il est important de communiquer, il est important de parler de sciences avec tous les publics.

Ce qui fait plaisir, c’est qu’il y a de plus en plus d’initiatives qui se développent. Elles révèlent beaucoup d’imagination et d’originalité. Derrière elles, se cachent (ou pas d’ailleurs) des personnes motivées, dont Clément, n’est-ce pas ?

 

L’aventure de Clément Dufrenne à Science & Vie

La communication scientifique au sein d’un magazine

Science & Vie est l’un des magazines scientifiques francophones les plus connus.

L’objectif du magazine et de son site est de toucher un public passionné par les sciences, mais également un public plus large, qui n’est pas forcément scientifique et ce à tous les âges (ou presque). Il existe des déclinaisons pour tous, avec Science & Vie Junior qui s’adresse aux adolescents, Science & Vie Découvertes pour les enfants ou encore Mon petit Science & Vie pour les plus petits. Pour toucher ces différents publics,  Science & Vie propose différents formats et différentes entrées : des brèves, des articles plus ou moins longs et plus ou moins techniques, des interviews, des articles de fond, des podcasts, des vidéos… Il y a également des versions créées spécialement pour les réseaux sociaux. Les fans de sciences ne sont pas non plus oubliés, avec aussi des articles assez pointus. De plus, pour accompagner la réflexion sur le devenir de Science & Vie, de nombreux acteurs de la recherche sont intégrés au comité scientifique de Reworld Media.

Le but de ces différents formats est de répondre aux attentes des abonnés. Il faut penser à tous les publics, et chercher à s’élargir. Élargir ses horizons, élargir ses publics, ses sujets… Grâce à cette pluralité de contenus, tous les publics ont accès à une information sérieuse.

 

Dans les coulisses de Science & Vie

Clément Dufrenne nous parle des coulisses et de l’organisation de la partie numérique.

Tous les jours, il réalise des points édito avec ses équipes pour savoir quels sujets et quelles actualités seront traités, réfléchir aux prochaines personnes à interviewer… Il y a beaucoup d’anticipation sur les sujets, mais également une belle capacité à rebondir et à réagir en cas de bousculade dans la calendrier éditorial. Chaque mois, le journal reçoit des études en « embargo » des grandes revues scientifiques ou des institutions de recherche (c’est-à-dire qui n’ont pas encore été publiées), desquelles il sera possible de parler lorsqu’elles auront été officiellement publiées. Grâce à cela, les rédacteurs pourront programmer des interviews, des dossiers…

Des sujets plus « froids » sont aussi choisis. Ce ne sont pas forcément des actualités, mais des sujets parfois un peu plus vieux ou plus de fond.

 

Les missions de Clément Dufrenne : être le « chef d’orchestre » scientifique des sites Science & Vie et Science & Vie Junior

Clément Dufrenne a donc eu l’opportunité de rejoindre le pôle digital de Science & Vie cet été. Il était très content car c’est un média avec lequel il a grandi.

Il s’occupe aujourd’hui de la partie numérique. Certes, tous les articles publiés dans le magazine papier sont relayés sur le site internet, mais son équipe est en charge d’être complémentaire de la version papier. Le site propose ainsi, par exemple, des podcasts version longue de certaines rubriques du magazine, sur l’histoire des sciences entre autres avec la chronique : « La science dans tous ses débats ».

Clément est notamment ainsi responsable des contenus sur le web. C’est une mission très importante pour créer et d’animer une communauté autour de sujets scientifiques. Il travaille avec une équipe interne et externe et il est en charge de distribuer les sujets. Il développe également de nouveaux formats, tels que les podcasts et les vidéos. Une société de production interne pour les podcasts et les vidéos a ainsi été créée.

Clément a carte blanche sur les formats. Le mot d’ordre est : « on teste et on verra »… De nouvelles rubriques éditoriales ont ainsi vu le jour, telles que « Les paroles des chercheurs’ ou mêmes l’essai, prochainement, de live. Des partenariats avec des organismes de recherche ont également été proposés. Ceci permet d’avoir des garants de la qualité scientifique derrière chacun des formats.

Avec toutes ces missions, Clément Dufrenne s’amuse et apprend beaucoup de choses. Il continue de cultiver sa curiosité…

 

Faire vivre Science & Vie sur internet : toucher de nouveaux publics

Faire vivre le magazine sur internet est très important. Ceci rend l’accès aux informations et aux sciences plus facile. Il offre également plus de liberté aux abonnés, avec des formats complémentaires.

Le magazine digital s’adapte donc aux différentes utilisation des publics. Il aide à rendre la culture scientifique plus accessible. De plus, il va permettre d’aller chercher de nouveaux publics, en particulier les adolescents. C’est une des raisons au développement du site Science & Vie Junior. On va chercher à apporter un élément déclencheur, en particulier via les réseaux sociaux. Ces derniers sont accessibles et « cool ! Ils donnent un côté enjoué aux sciences et les font sortir de leur tour d’ivoire. Les adolescents vont donc voir un peu de sciences dans leur fil d’actualité. Ils vont pouvoir les partager avec leurs camarades, dans la cours (on l’espère !).

 

La magazine de science occupe une belle place dans la communication scientifique

Pour résumer, on comprend donc bien que le magazine de science (papier et/ou numérique) est important pour transmettre la parole scientifique, pour montrer l’actualité et ce qu’il se passe.

Il apporte un regard différent sur les sciences et la Recherche, il élargit les horizons. On ne reste pas seulement sur l’actualité « chaude », mais sur tous types de sujets. Pour autant, peu importe les sujets, son but premier reste de transmettre une information vérifiée, avec plus de contexte que les médias classiques. Il cherche à donner le réflexe de faire quelques minutes de culture scientifique chaque jour.

La magazine de science se doit donc de se décliner sur tous les supports (de nouveaux liens, des illustrations, des informations complémentaires) pour informer des publics très différents et combattre les fake news.

Les magazines scientifiques rassemblent donc tout au même endroit. Ils encouragent la communauté scientifique à partager, à être des passeurs et des passeurs de sciences !

 

Que pensez-vous du parcours de Clément Dufrenne ? Avez-vous déjà participé à des actions de communication scientifique ?

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