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Médiateur scientifique : un métier passionnant

Médiateur scientifique ou la recherche du partage des savoirs avec le plus grand nombre

 

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© Julie Lesauvage.

Nous avons parlé plusieurs fois de ce qu’est la médiation scientifique, un échange bilatéral d’informations, de connaissances, de culture entre plusieurs acteurs et actrices. La médiation fait partie intégrante de la communication scientifique (avec la vulgarisation scientifique).

Derrière la médiation scientifique se cache des personnes passionnées de sciences, avides de partager les savoirs et d’échanger avec des publics, parfois très variés. Pour l’avoir exercé moi-même, ce métier est enrichissant. Il permet de rencontrer des personnes très différentes et de découvrir et d’approfondir des domaines parfois méconnus. Dans tous les cas, il vaut mieux faire preuve de pédagogie, d’écoute, d’adaptation…

D’ailleurs, c’est bien ce que nos deux médiateurs du jour vont nous confirmer. Tristan Dequaire, géologue de formation et aujourd’hui chargé de médiation scientifique et culturelle en astronomie au

Qu’est-ce qu’un médiateur scientifique ? En quoi consiste-t-il ?

 

Médiateur scientifique, le partage des sciences

D’abord des passionnés des sciences

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© Tristan Dequaire.

Certes, il n’est pas forcément nécessaire d’avoir une formation scientifique pour être médiateur scientifique, cependant une appétence pour les sciences est très conseillée ! Dans le cas nos deux témoins, ils ont chacun suivi des études de sciences. Tristan Dequaire est ainsi planétologue, spécialisé dans la spectro-imagerie des surfaces planétaires, en particulier Mars. Quant à Julie Lesauvage, elle a d’abord un master en biologie et en écologie.

En parallèle, tous les deux étaient également intéressés par le partage de savoirs et la pédagogie. Au cours de ces études, Tristan était très impliqué dans l’enseignement. Il a ainsi donné plusieurs cours de sciences et a travaillé au Muséum d’Histoire Naturelle de Nantes. Dans cette structure, il a notamment créé sa propre visite commentée de la galerie de géologie et de paléontologie (« tête-à-tête avec les roches »). Julie Lesauvage, de son côté, a découvert le partage des sciences et la médiation scientifique lors d’une UE suivie pendant son M1. Cela lui a beaucoup plu et l’a donc poussée à suivre un M2 en médiation scientifique, à l’Université Jean Jaurès de Toulouse.

Tous les deux ont également participé à plusieurs événements de communication scientifique, tels que la Fête de la Science, « 1 chercheur.e, 1 manip » au Palais de la Découverte, les Petits Débrouillards Ce sont ces expériences qui leur ont permis de vraiment découvrir la communication scientifique et vérifier qu’ils ont vraiment envie d’en faire leur métier.

Des passionnés d’échanges et de partages

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© Wikiappli.

Les médiateurs scientifiques ne sont pas seulement des passionnés de sciences. Ce sont aussi des personnes pédagogues, qui aiment partager, transmettre, échanger… avec des publics très variés. La diversité c’est peut-être le maître mot de ce métier ! C’est d’ailleurs cela qui amène à la nécessité d’une grande adaptabilité. Il est très important de pouvoir travailler en équipe et se coordonner avec différents acteurs. Il faut être capable de dépasser les potentielles cloisons qu’il peut parfois y avoir entre les services et être capable de s’enrichir de toutes ces personnes, dans l’optique d’avoir des expositions les plus qualitatives possibles.

Ces qualités d’adaptation et de collaboration sont essentielles afin de pouvoir mener les missions, parfois très diverses du médiateur scientifique. Julie Lesauvage est ainsi partagée entre des notions de conception de dispositifs de parcours pédagogiques et d’ateliers scolaires. Elle s’occupe aussi des missions d’animation sur le terrain pour les scolaires et le grand public. Elle est également en charge de la coordination entre les enseignants et les scientifiques.

Tristan Dequaire, quant à lui, a principalement deux missions principales. Il s’occupe d’animer et piloter le planétarium du musée du Bourget. Les séances s’adressent aussi bien au grand public, qu’aux scolaires. Elles répondent à 4 grands thématiques :

  • un voyage dans le système solaire pour présenter les différentes planètes et corps célestes, tels que les comètes ;
  • les mythes et légendes du ciel étoilé pour illustrer les constellations en fonction de la mythologie ;
  • la vie de l’univers et l’exobiologie ;
  • la découverte de nouvelles planètes et d’exoplanètes.

Il participe également à la mise à jour de ces différents thèmes, notamment pour concorder avec les nouvelles découvertes. L’événementiel est aussi une partie importante du métier de médiateur scientifique. Tristan Dequaire a ainsi participé à l’élaboration de l’événement « Mars en Mars » qui a eu lieu le 20 mars dernier, ainsi qu’à d’autres rendez-vous, tels que « Les Rendez-vous avec la Lune » (1 fois par mois en hiver).

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© Tristan Dequaire.

 

Un métier polyvalent qui enrichit

Julie et Tristan sont unanimes : être médiateur scientifique, cela éveille la curiosité ! Ils abordent énormément de thèmes scientifiques différents, ce qui leur permet d’apprendre tous les jours. Tristan enrichit ainsi ses connaissances en astronomie générale.

La polyvalence est aussi encensée. Ils s’impliquent dans des missions variées, telles que la conception, les améliorations et mises à jour des expositions... Ils découvrent aussi tout ce qui est lié à la gestion de projets. Tristan et Julie participent en effet à la création de contenus pédagogiques. Tristan travaille ainsi sur un livret-jeu pour le musée, ainsi que sur un jeu de 7 familles sur les constructeurs aéronautiques. Il s’implique aussi dans des gestions de projet à plus long terme, avec notamment l’accueil d’ici 3 ans d’un nouveau planétarium. Il faut donc réfléchir sur le type de planétarium à construire, voir ce qui se fait de mieux, en fonction des moyens qui seront mis à disposition.

Dans tous les cas, ce qui est très important ce sont les rencontres avec les publics, qui permettent de partager et d’approfondir sur les connaissances scientifiques. Pour un médiateur scientifique, c’est extrêmement gratifiant de voir l’émerveillement dans les yeux des visiteurs, en particulier les plus jeunes !

 

Médiateur scientifique, un acteur essentiel de la communication scientifique

Une communication scientifique essentielle aujourd’hui

La communication scientifique est indissociable de la Recherche. Elle est vraiment très importante, surtout depuis ces dernières années et toutes les infox qui pullulent. De plus en plus de structures la prennent en compte et tentent de contrer ces « fake news ». La communication scientifique est donc primordiale dans l’éducation aux médias, pour savoir comment recevoir une information, comment la traiter, comment choisir ses sources…

La communication scientifique est également très importante pour comprendre le monde dans lequel nous vivons et les aspects socio-politiques qui peuvent y être associés. Pour cela, le médiateur scientifique est essentiel et se doit de partager et de transmettre au plus grand nombre. Grâce à son rôle de « passerelle » entre les scientifiques et les publics, il dévoile les mystères des sciences, ce qui peut même faire naître des vocations.

 

Le médiateur scientifique, le lien entre les sciences et les publics

Julie et Tristan nous le rappellent, les médiateurs doivent faire preuve d’écoute. De l’écoute, tant pour pouvoir travailler en bonne intelligence avec les autres membres du musée (tels les personnes chargées de conservation et d’exposition), mais aussi, et surtout, avec les publics !

Parmi ces derniers, certains sont déjà très impliqués et concernés par les sciences. Le challenge est donc de toucher les publics les plus éloignés des sciences. Pour cela, il ne faut pas hésiter à faire preuve de créativité. Julie Lesauvage a notamment travaillé sur des dispositifs originaux, comme les escape game. C’est un format qui fonctionne, il ne faut cependant pas faire l’impasse sur les 40 minutes – 1h de débrief. C’est en effet à ce moment qu’il est possible d’approfondir les sujets scientifiques qui ont été abordés lors du jeu. L’escape game convainc assez bien les publics « réfractaires » car ils n’ont pas l’impression de faire des sciences directement. Dans les écoles, Julie propose des « boîtes à métiers » sur le thème des sciences (aéronautique, santé…). Grâce à des jeux de rôles et des quiz, les enfants découvrent ces métiers. Ceci leur ouvre l’esprit et, pourquoi pas, suscite des vocations !

Tristan Dequaire travaille aussi avec des jeux pour attirer les publics et leur donner le goût des sciences. Le musée du Bourget proposera notamment un jeu de 7 familles sur les constructeurs aéronautiques, afin de rendre cette thématique la plus abordable possible. Pour Tristan, il est très intéressant de toucher les plus petits, car, par leur intermédiaire, on touche aussi les parents. Les plus jeunes sont curieux, s’émerveillent facilement. Il faut cultiver la flamme !

Dans tous les cas, il est important de diversifier les formats, pour en proposer pour tous les goûts. Il faut vraiment mettre les publics au cœur des dispositifs, les rendre acteurs de leur apprentissage et faire qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de faire des sciences.

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© Pixabay.

 

Un bel avenir pour les médiateurs scientifiques ?

La communication scientifique est, finalement, un secteur encore assez jeune. Il se développe aujourd’hui, ce qui rend Julie assez optimiste. Il y a de plus en plus de cursus de formation dédiés et donc de personnes formées. Ce qui donne à la communication scientifique, et donc à la médiation scientifique, une plus grande ampleur.

Pour Tristan aussi il y a un bon potentiel, notamment avec cette période de pandémie. Les sciences ne sont pas un fait établi, il est toujours possible de les controverser. Les médiateurs ont un rôle très important et doivent continuer de convaincre et de persuader de la véracité des sciences. Ces dernières sont un enjeu public : pandémies, dérèglement climatique.. La communication scientifique doit donc permettre une plus grande prise de conscience, surtout de la part des personnes décisionnaires.

Pour autant, Julie tire quand même la sonnette d’alarme. Certes, la communication scientifique se développe, cependant il y a toujours un déséquilibre régional. Elle est souvent très riche dans les grandes villes, mais souvent très rare, voire inexistante, dans les secteurs plus ruraux. De même, pour ce qui est des offres d’emplois, ce n’est pas encore Byzance… La médiation scientifique reste un secteur culturel et les offres professionnelles « payées » (hors bénévolat) sont encore trop rares… À bon entendeur !

 

Que pensez-vous du métier de médiateur scientifique ? Quels intérêts revêt ce métier ? Quelles compétences sont les plus importantes ?

 

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