Emma Hollen, Journaliste scientifique, sciences, communication scientifique

Dans la peau d’une journaliste scientifique avec Emma Hollen

Emma Hollen, une passionnée de sciences et d’écriture

 

Emma Hollen, Journaliste scientifique, sciences, communication scientifique

© Emma Hollen.

Je continue mon petit (grand) tour des acteurs et actrices de la communication scientifique, ce qui me permet de rencontrer des personnes passionnantes, avec des parcours riches, motivants et inspirants.

Emma Hollen ne fait pas exception ! Je la suis beaucoup sur Twitter où elle nous régale souvent d’anecdotes scientifiques et j’avais très envie de faire plus ample connaissance avec elle et surtout découvrir son métier de journaliste scientifique.

Vous l’aurez compris, ces derniers temps, j’aime vous faire découvrir différents métiers de la communication scientifique. Vous pouvez le constater, c’est un domaine très vaste, avec différentes missions et qui mieux que les héros de ces missions pour en parler ? Aujourd’hui, c’est donc Emma Hollen, journaliste scientifique qui nous parle de son métier.

En quoi le journalisme scientifique est-il important aujourd’hui ?

 

Les histoires d’Emma Hollen, de Twitter à Futura Sciences

Tâtonner, se chercher…

Au départ, Emma Hollen a plutôt un parcours très éclectique. Elle ne savait pas vraiment quel métier faire, elle s’est un peu cherchée, a tâtonné… Jusqu’au jour où elle a fini par tomber sur le journalisme scientifique. Un domaine qui lui a parlé et qui lui a beaucoup plu, puisqu’il lui permettait de rapprocher ses cultures « geek » et scientifiques.

Emma a commencé le partage des sciences sur Twitter. Elle avait, en effet, découvert le compte d’Astropierre, qu’elle a trouvé très inspirant et qui lui a donc donné envie de rejoindre la communauté de communication scientifique, sur Twitter. Puis, à 27 ans, Emma Hollen a enfin trouvé sa vocation : le journalisme scientifique !

 

Il n’est jamais trop tard pour trouver sa voie !

Emma a donc commencé ses actions de journalisme scientifique chez Maxisciences. Le magazine lui a vraiment laissé sa chance et lui a permis de participer à rendre la science accessible. Elle y a travaillé pendant environ 8 mois, mais, finalement le système ne lui a pas vraiment convenu. De plus, elle a eu l’opportunité de partir à Taïwan et de devenir « freelance » (indépendante). Une aventure qui a duré 2-3 ans, jusqu’à une nouvelle opportunité…

En 2020, elle rejoint ainsi Futura Sciences. Ce média lui permet de réaliser des projets vidéos et audio et d’être notamment responsable audio à plein temps, grâce à la création de podcasts. Au travers de cet outil en pleine expansion, Emma essaie de raconter des histoires et de partager des savoirs.

Emma Hollen, Journaliste scientifique, sciences, communication scientifique

© Wikipédia.

 

Communiquer les sciences pour être en accord avec ses valeurs

Emma Hollen estime qu’on essaie souvent de se diriger vers les métiers qui résonnent avec nos valeurs.

Elle-même, a toujours été quelqu’un de curieux et d’enthousiaste, émerveillé par un monde, si riche de fun et de mystères. C’est justement ce bel univers qu’Emma voudrait transmettre. En partageant ses sources d’émerveillement, Emma espère qu’elles susciteront de la curiosité et l’envie d’en savoir plus. Pour cela, elle cherche donc à donner des clés aux publics pour être plus critique, mais aussi pour s’émerveiller. Ces clés sont en effet très importantes aujourd’hui, avec la montée des complotistes, mais pas seulement.

Communiquer les sciences est donc très intéressant, car cela permet de partager son enthousiasme, sa curiosité… De plus, il y a souvent beaucoup de bienveillance de la part des publics, surtout sur Twitter. Ce qui motive à partager les savoirs et donc à s’aider à se comprendre les uns et les autres.

 

Emma Hollen, journaliste scientifique en freelance ou dans un média

Lorsque Emma a décidé de partir en tant que journaliste scientifique indépendante, elle a quand même continué de travailler avec Maxisciences.

Une journée, en tant que journaliste scientifique, est bien rythmée. Le matin, l’éditrice en chef fait une revue de presse, c’est-à-dire qu’elle étudie toutes les nouveautés de sciences du jour, puis elle répartit les sujets aux différents journalistes. Ces derniers doivent ensuite écrire les articles dans la journée. Pour cela, ils doivent décortiquer les communiqués de presse, mais ce n’est pas toujours suffisant. Il faut parfois se plonger directement dans les articles scientifiques pour obtenir des informations supplémentaires.

C’est donc parfois un travail fastidieux de traduction, de paraphrases, ainsi que de réorganisation de l’information pour la rendre plus « digeste » et compréhensible, donc vulgarisée. Les journalistes ont en effet le rôle important d’accompagner les lecteurs dans la compréhension de ce qu’ils lisent. Il est donc important de trouver les mots justes pour que chacun puisse comprendre, tout en s’assurant que ce ne sera pas mal interprété ou mal compris. Emma est, de plus, très concernée par l’inclusivité et cherche toujours à imaginer comment les personnes, par exemple malvoyantes, peuvent s’approprier au mieux ce qui est écrit.

Emma Hollen, Journaliste scientifique, sciences, communication scientifique

© Pixnio.

Des missions variées et passionnantes

Si Emma était totalement libre de faire ce qu’elle voulait, elle rédigerait des livres sur l’histoire des sciences. Elle adore se plonger dans un sujet et l’approfondir à fond, il ne lui manque que le temps…

Se plonger dans les histoires insolites et curieuses des sciences est passionnant. Il est tellement possible de se perdre dans tout cet univers et ces histoires incroyables. Écrire est donc un vrai plaisir pour Emma Hollen, puisque cela lui permet d’entrainer le lecteur à la découverte de ces mystères, de l’entrainer dans son monde. Elle invite les lecteurs à s’émerveiller sur des anecdotes de sciences parfois extraordinaires. Créer est une bonne manière de partager et il existe de nombreuses façons de narrer et partager les sciences (la rédaction l’audio, le visuel…). C’est un immense terrain de jeux !

C’est donc une mission plutôt valorisante, dont le but est d’inviter les lecteurs à s’enthousiasmer. Emma leur propose de partager une vision du monde bienveillante ; une façon d’essayer de rendre ce dernier meilleur (la notion de « care » en anglais). C’est la curiosité suscitée par la narration des sciences qui apporte cette notion de « care ». Une notion cruciale pour apporter une meilleure humanité. Il faut apprendre à se questionner et à se remettre en question pour éviter de s’enfermer dans des croyances parfois dangereuses.

En partageant les sciences et son émerveillement, Emma a ainsi trouvé un métier qui a du sens et des valeurs.

 

Un métier valorisant… mais parfois frustrant

Certes, partager les sciences est une mission essentielle et qui a du sens, cependant cela entraine aussi beaucoup de contraintes. Tout d’abord, il y a souvent une charge de travail importante et beaucoup de pression. Il faut parfois rendre un article 4 heures après avoir reçu le sujet. De plus, il faut toujours s’appliquer à respecter la rigueur scientifique, à essayer de modérer au mieux les propos d’une personne interviewée, tout en cherchant à respecter nos valeurs.

C’est un métier où on peut parfois être démoralisé.e ou agressé.e par des commentaires de personnes qui refusent d’être convaincues, d’être modérées… Ce n’est pas toujours facile d’éviter les débats et de trouver les bonnes clés.

En ce qui concerne le statut de journaliste scientifique : freelance ou salarié, savoir ce qui est mieux entre les deux dépend vraiment de chacun. En étant freelance, on a effectivement une véritable liberté, avec beaucoup de flexibilité. Peu de comptes à rendre et pas d’obligation d’être vissé.e à un bureau. En revanche, en étant en entreprise, on a la sécurité de l’emploi, les avantages conférés aux employés, ainsi qu’une équipe avec laquelle interagir. Si on est écouté, c’est aussi très valorisant de pouvoir être force de propositions et de voir ses propositions s’appliquer.

 

Les conseil d’Emma Hollen pour travailler dans le journalisme scientifique

Être curieu.se.x et passionné.e

Si jamais vous souhaitez vous lancer dans le journalisme scientifique, Emma vous donne quelques conseils. Premièrement, il vaut mieux être passionné par les sciences et pouvoir rester dans le rythme. C’est également important de pouvoir se créer un carnet d’adresses. La communication scientifique est un petit milieu qui fonctionne à la confiance et la recommandation. Il ne faut pas hésiter à aller rencontrer les gens directement, sur Twitter, dans les événements… Il faut se tenir au courant les un, les autres et s’entraider.

La rigueur est également essentielle. Cela implique qu’il faudra peut-être parfois passer plus d’une heure à vérifier une information, plutôt que de risquer de véhiculer quelque chose de faux. Cela implique également de connaître ses limites et de bien vérifier ses sources. Rester curieu.se.x et lire beaucoup fait aussi partie de la formation, tout comme être à l’aise avec l’anglais. La langue de Shakespeare ouvre plein de portes et d’inspiration, à travers les articles scientifiques et les livres de vulgarisation anglophones.

Le journalisme, et plus largement la communication, sont des domaines qui évoluent beaucoup. Il faut donc se tenir au courant des dernières tendances et observer comment les autres communiquent et comment les publics pensent et comprennent les sciences.

Journaliste scientifique, sciences, communication scientifique

© Pxhere.

 

Vers un nouvel âge d’or des sciences ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il y a de plus en plus de personnes qui s’intéressent aux sciences. Nous dirigeons-nous vers un nouvel âge d’or ? Les derniers en date étaient au XIXe siècle, puis ensuite la conquête de l’espace.

Aujourd’hui, la science continue à être démocratisée, notamment à travers le cinéma ou encore le web (et tous ses formats). Il faut continuer à alimenter ce courant. Cependant, avec l’ère de la désinformation et des fake news, c’est parfois difficile de tenir les paris. Donc, il ne faut rien lâcher et surtout, rester bienveillant !

 

Quels intérêts et missions voyez-vous au journalisme scientifique ? Connaissez-vous d’autres journalistes qu’Emma Hollen ?

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